
D'abord dénommées « au Diable », ces trois petites îles situées au large de Kourou, sur les côtes de la Guyane française, sont devenues « îles du Salut » pour les rescapés des échecs coloniaux du XVIIIe siècle. Le nom leur est resté même si, ironie du sort, leurs occupants furent ensuite des bagnards condamnés à l'exil et aux travaux forcés. De 1852 à 1953, plus de 50 000 forçats transitèrent par les îles avant d'être répartis dans les différents pénitenciers de Guyane. Les plus redoutés d'entre eux, les « incorrigibles », purgèrent leur peine dans ce « bagne des bagnes », les transportés à l'île Royale, les condamnés à la peine de réclusion cellulaire à Saint-Joseph, les déportés politiques, dont le plus célèbre fut Alfred Dreyfus, à l'île du Diable.