-FR-
grande couv
Haïti : étude économique et sociale
Arthur Bowler
Editeur: Editions Homme et Litterature
3,99 €

Acheter ce livre

En publiant ces quelques pages, écrites aussi bien pour les étrangers que pour mes compatriotes, je voudrais attirer l'attention de tous ceux qui me feront l'honneur de me lire sur cette île lointaine d'Haïti, trop peu connue des uns, trop méconnue des autres ; sur ce pays qui fut mon berceau et dont j'ai, comme le berger de Virgile, et plein de tristesse, bien qu'exilé volontaire, quitté la terre si douce, dulcia arva, pour venir sur cette généreuse et hospitalière terre de France chercher des amis à ma patrie et faire appel en sa faveur à la sympathie de tous...

Lorsqu'on jette un regard sur la carte de l'Amérique, on voit, au milieu des nombreuses îles qui émergent des flots de l'Océan, quatre îles principales : Cuba, Porto-Rico, la Jamaïque et Haïti. La première et la seconde sont les deux plus beaux fleurons de la couronne d'Espagne ; la troisième appartient à l'Angleterre, et la quatrième enfin, Haïti, après les longues luttes dont elle a été le théâtre, a fini, à force d'héroïsme, par conquérir son indépendance et son autonomie. Elle est divisée politiquement en deux États : la République haïtienne, à l'ouest, et, à l'est, la République dominicaine. La partie occidentale fut une colonie de l'Espagne jusqu'en 1821; en 1822, elle ne formait plus qu'un seul État avec la République haïtienne, et s'en détachait en 1844.

Sans entrer ici dans des développements historiques, je rappellerai simplement que l'île d'Haïti fut découverte le 6 décembre 1492, par Christophe Colomb, qui remplaça son nom par celui d'Hispañiolia ; que les Français, s'étant emparés plus tard de la partie occidentale, l'appelèrent Saint-Domingue, et qu'en 1804, au moment où ils la perdirent, celle-ci reprit l'ancien nom indien...