Eloge des moches
Pierre-Louis LENSEL
Editeur: Perrin
<b>Le grand, c'est le laid.</b><br />
<p>S'il avait été grand et beau, Toulouse-Lautrec aurait-il poursuivi la même carrière de peintre ? Madame Palatine, si elle avait ressemblé à une princesse de contes de fées, aurait-elle regardé la Cour de son beau-frère Louis XIV avec une telle liberté ? Danton, doté d'une apparence répulsive, se serait-il ménagé la même position dans le Paris révolutionnaire ? Face à la tentation de minimiser l'importance de la disgrâce physique dans les itinéraires historiques, Pierre-Louis Lensel propose d'en étudier le rôle, à travers onze récits surprenants, du procès en annulation de mariage imposé à Jeanne de France par le roi Louis XII aux tours de force scéniques du chanteur " extraterrestre " Klaus Nomi, au début des années 1980.<br />La laideur, trop souvent insultée paresseusement, regardée avec une pitié stérile ou effacée dans un déni hypocrite, s'inscrit heureusement dans un ensemble qui la dépasse, et de loin : l'individualité, capable dans bien des cas de transcender, voire de transfigurer, ce qui la mine et la fait douter.<br />Avec un rare brio dans l'écriture, Pierre-Louis Lensel dresse une dizaine de portraits d'anthologie d'individus d'exception qui ont su faire un atout de leur handicap et forcer l'admiration de leurs contemporains. Une leçon d'histoire et d'espérance.<br /><br /><b>Sommaire :</b><br />Sainte-Beuve, la séduction du crapaud<br />Madame Palatine, la force de rester soi-même<br />Albert Jugon, au nom des " gueules cassées "<br />Mickey Rooney, l'adieu au charme<br />Jeanne de France, la mariée était trop laide<br />Toulouse-Lautrec, la vie comme antidote<br />Georges Danton, une tête qui en vaut la peine<br />Charles II, le corps ensorcelé<br />Jane Barnell, à la barbe du monde<br />Anne de Clèves, la laide et la bête ?<br />Klaus Nomi, l'extraterrestre<br />Conclusion : les bagnards de Dostoïevski, disgrâces et grâce<br /></p>