Alexandre Dumas (1802-1870)
"Un soir de novembre 1847, un de ces ouragans terribles qui sont particuliers aux mers de l’Inde et qui désolent d’ordinaire l’île de Java au retour des moussons, s’abattit sur la ville de Batavia.
Le vent, qui pendant la journée n’avait été que vif, commença vers six heures du soir à souffler par rafales. La mer grossit et vint se briser en mugissant contre la jetée qui forme le port.
C’était une coalition de tous les éléments pour la destruction de l’homme et de ses œuvres.
La mer semblait vouloir envahir la ville.
Le spectacle de la rade surtout était effrayant ; dans ces sortes de cataclysmes, la palme de l’épouvante appartient toujours à la mer.
En effet, des lames furieuses, hautes comme des maisons, déferlaient en mugissant sur la plage. Les nappes d’eau, qui passaient par-dessus la jetée comme par-dessus un banc de récifs, arrivaient jusqu’aux navires, les soulevaient à la hauteur des toits des maisons et les entre-choquaient, les broyaient les uns contre les autres avec un bruit affreux.
La pluie tombait par torrents.
Il était neuf heures du soir.
C’était l’heure où la population de Batavia a regagné la ville haute."
Sur l'île de Java, en pleine tempête, Eusèbe, jeune Hollandais fraîchement débarqué, recherche le docteur Basilius. Seul ce dernier pourrait sauver Esther, sa jeune épouse mourante. Basilius arrive trop tard et propose un étrange pacte à Eusèbe...