
Face à ce défi, le praticien ne peut se trouver que désarmé, car en enfermant l’incidence du délire dans une pure extériorité biochimique du cerveau, la médecine se prive de la possibilité même de pénétrer dans l’architecture raisonnée de cette extériorité à soi qui caractérise effectivement le sujet délirant, et plus largement la psychose.
Pour remédier aux risques de cette errance, l’ouvrage entend se situer dans une perspective théorique inusitée qui est celle de l’étude de la constitution subjective du délire dans le temps. Le chemin qu’il propose mobilise la psychanalyse structurale et la philosophie transcendantale dans une relecture attentive de la clinique classique du délire. Ce chemin conduit à découvrir une profonde solidarité structurale de la subjectivation et de la temporalisation. La clinique du temps qui s’en dégage alors renouvelle l’abord structural de la psychose en indiquant le sens et la portée d’une véritable thérapeutique contemporaine.