
La Voleuse est entrée sans bruit. Elle ne laissait pas de trace, mais elle savait où frapper. Mathieu, lui, n’avait que son corps d’enfant pour lui résister. Alors il a changé d’univers. Les murs sont devenus blancs, le temps immobile, et autour de lui, des fourmis en blouse blanches pressées mais attentives, veillaient sans relâche. Il a grandi là, entre les seringues, les soupirs, et les rêves trop sages. Mais ce que sa mère lui avait donné, il l’a tenu, serré, protégé. Parce qu’il y a des présents qu’on ne rend pas, même quand quelqu’un vient les réclamer. Et parfois, vivre suffit à désobéir.