
Partant d’une étude inédite de l’anthropologue Dimitri Karadimas (1966-2017), ce dossier cherche à apporter un éclairage comparatiste sur les incarnations et les métamorphoses du sexe féminin dans l’art, la mythologie et les rites à mystères de l’antiquité gréco-romaine. Si l’examen des transformations anthropomorphiques de la vulve est longtemps resté cantonné à l’épisode de Baubô, il y a des raisons de penser que des figurations analogues se trouvent également liées aux cultes d’Attis. C’est ainsi que l’art romain représente souvent Attis avec un vêtement largement entrouvert sur le ventre et passant sous ses parties génitales. Selon l’argument présenté et discuté par les études ici réunies, cette image peut être lue comme dessinant une vulve anthropomorphisée. Retraçant, par des retours croisés sur les figures d’Attis et de Baubô, la logique de ces vulves incarnées, les contributions de ce dossier tentent de rendre compte de la fécondité d’une image dont même la nudité ne dévoile pas tout le sens.