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grande couv
L'île-écriture
Carpanin Marimoutou
Editeur: Presses Universitaires Indianocéaniques
10,50 €

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Avec cet ouvrage, Carpanin Marimoutou, encore jeune étudiant, posait, en 1980, les jalons de ce qui devait être durant toute sa carrière son approche sensible et politique des textes réunionnais, comme de manière générale des littératures vernaculaires en langue créole, des littératures de l’océan Indien, des littératures coloniales et postcoloniales en créole et en français. Il témoignait déjà de son engagement, autant que de la finesse analytique et interprétative qui caractérise ses lectures de théoricien, de professeur de littérature et de poète. Les PUI ont fait le choix de cette réédition pour mettre en avant aussi bien l’archéologie d’une des recherches universitaires fondatrices des études littéraires à l’Université de La Réunion que l’oeuvre de poètes et d’une poétesse réunionnais majeurs : Jean Albany, Jean Henri Azéma, Boris Gamaleya, Alain Lorraine, Agnès Gueneau, Riel Debars. À partir de l’étude de ces artistes, Carpanin Marimoutou s’interroge sur « La mauvaise conscience » dont témoigne leur écriture, mauvaise conscience issue « d’une double impossibilité ; l’impossibilité d’écrire “doudou” pour ces poètes qui disent, à la différence des folkloristes, que l’île n’est pas un paradis, et l’impossibilité de trouver la voie/voix juste dans cette quête de l’identité ». Et l’auteur d’ajouter, dans une phrase où on le retrouve tout entier, tel qu’il était alors et tel qu’il est resté : « c’est le moment où le poète découvre que l’écriture à elle seule ne permet pas de trouver, de dire, de vivre l’identité, et qu’elle ne peut être, dans le meilleur des cas, que ce que Frantz Fanon appelait “une forme transitoire de combativité” ; c’est-à-dire qu’à défaut de fusils et de balles, on essaie de se servir de mots pour abattre le colonisateur ».