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grande couv
Le médicament qui devait sauver l'Afrique
Guillaume LACHENAL
Editeur: Empêcheurs de penser rond
12,99 €

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L'histoire, volontairement occultée, qui commence dans les années 1940 et continue jusqu'aux années 1970, est celle d'un " remède miracle de la maladie du sommeil " : la lomidine. Avant qu'on ne reconnaisse enfin son inefficacité et sa dangerosité, elle sera injectée des millions de fois en Afrique. L'auteur suit pas à pas son histoire, montrant ainsi combien la médecine a été un outil du pouvoir. Une enquête historique inédite et implacable sur l'envers des politiques coloniales.<br /> <p>C'est l'histoire d'une piqûre magique, qui devait débarrasser l'Afrique d'une maladie qui décimait le continent. C'est l'histoire d'un scandale pharmaceutique oublié, enterré par les pouvoirs coloniaux de la fi n des années 1950.<br /> Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les médecins des colonies font de l'éradication de la maladie du sommeil leur priorité. Un nouveau médicament vient d'être découvert : la Lomidine. Dans l'enthousiasme, de grandes campagnes de " lomidinisation préventive " sont organisées dans toute l'Afrique. La méthode connaît quelques ratés &#8211; la molécule se révèle inefficace et dangereuse &#8211; mais ils ne freinent pas les médecins, au contraire. Il faut " lomidiniser " l'intégralité des populations, de gré ou de force.<br /> Ce livre montre comment les médecins s'obstinèrent à utiliser un médicament pourtant dangereux, au nom du rêve d'une Afrique libérée de la maladie ; comment la médecine a été un outil pour le colonialisme ; comment elle a servi de vitrine à l'" humanisme " européen et de technique de surveillance et de répression. La petite histoire de la Lomidine ouvre une fenêtre sur le quotidien des politiques coloniales de modernisation, révélant leur envers : leurs logiques raciales, leur appareil coercitif, leur inefficacité constitutive, et la part de déraison inscrite au coeur du projet de " mise en ordre " de l'Afrique par la science et la technique.<br /> Guillaume Lachenal renouvelle le regard sur le gouvernement des Empires, qu'il saisit dans son arrogance et sa médiocrité, posant les jalons d'une anthropologie de la bêtise coloniale.</p>